Nous savions déjà que le prix des transports en commun à Maputo, capitale du Mozambique, devenait un sérieux problème pour les habitants qui doivent utiliser les chapas (petit minibus où on s'entasse encore et encore ... et encore un peu si possible) pour se déplacer.
Et bien sûr cela a des conséquences financières pour nos filleuls qui poursuivent leurs études.
Valentina, qui a intégré une école de journalisme et qui termine son cursus cette année, nous a envoyé un article à ce sujet.
La hausse du carburant aggrave la crise des transports au Mozambique
Reportage
La récente hausse du prix du carburant au Mozambique continue de provoquer de lourds impacts sociaux et économiques touchant surtout les citoyens à faible revenu qui dépendent quotidiennement des transports semi-collectifs de passagers pour se rendre au travail, à l'école, aux hôpitaux et aux marchés.
Ces dernières semaines plusieurs transporteurs semi-collectifs ont menacé de suspendre leurs activités et exigent du gouvernement une révision urgente des tarifs de transport, affirmant que les prix actuels ne compensent plus les coûts d'exploitation résultant de l'augmentation des carburants.
Pendant que se poursuivent les négociations et les menaces de grève, c'est la population qui souffre le plus des conséquences.
Dans plusieurs quartiers de la ville de Maputo et de ses environs, il est devenu de plus en plus fréquent de voir de longues files de passagers aux arrêts, des citoyens désespérés cherchant un moyen de transport et des centaines de personnes contraintes de parcourir de longues distances à pied.
Parmi les plus touchés figurent les jeunes étudiants, les femmes travailleuses, les enfants et les personnes âgées dont beaucoup quittent leur domicile dès l'aube pour tenter d'obtenir une place dans les transports publics;
Dans le quartier de Baixa à Maputo, Maria António, employée de maison de 52 ans, raconte qu'elle marche aujourd'hui plus de 5km par jour à cause du manque de "chapas" (minibus collectifs).
"Avant, je pouvais prendre un transport près de chez moi. Maintenant les véhicules passent bondés ou ne s'arrêtent tout simplement pas. Je n'ai pas d'autre choix que de marcher" se lamente-telle?
La situation inquiète également les étudiants. Beaucoup affirment arriver en retard aux cours, voire manquer l'école faute d'argent suffisant pour supporter d'éventuelles hausses des tarifs.
Certains transporteurs justifient la réduction de la circulation en affirmant que le coût du carburant ajouté au prix des pièces détachées et à l'entretien des véhicules a rendu l'activité insoutenable.
Selon les représentants du secteur, le tarif actuel ne couvre déjà plus les dépenses quotidiennes, raison pour laquelle ils demandent un nouveau barème de prix afin d'éviter l'effondrement du transport semi-collectif.
Cependant des organisations de la société civile alerte qu'une éventuelle augmentation des tarifs pourrait encore aggraver le coût de la vie des Mozambicains à un moment où de nombreuses familles font face à des difficultés économiques, au chômage et à une hausse généralisée des prix des produits de première nécessité.
Les analystes estiment que la crise du carburant met en lumière d'anciennes fragilités du système national de transport public, marqué par l'insuffisance des moyens, la surcharge des véhicules et le manque d'alternatives efficaces pour la population.
En attendant qu'une solution définitive soit trouvée, des milliers de citoyens continuent chaque jour d'affronter de longues marches, une fatigue extrême et l'incertitude pour parvenir à destination.
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